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Monsieur le Directeur,
Les lames sont affûtées, les
couperets tombent, les têtes roulent. Comment en est on arrivé là ? Pourquoi sommes nous tombés aussi bas ? La grande lessive Mosaïque a commencé, et elle n’est pas prête de s’arrêter! La machine infernale s’est emballée, emportant tout sur son passage, qui osera y mettre fin ? Des cadres supérieurs oseront ils dire : STOP ! Oseront-ils dire NON ? Les conseils de disciplines, qui sont légions maintenant, ne sont plus qu’une lugubre mascarade, les agents traduits sont condamnés avant même d’avoir pu s’expliquer, une instruction à charge, voilà à quoi se résume cette justice expéditive. Ça ressemble à une cours martiale. Qu’importe la défense, qu’importe-le manque de preuve, qu’importe l’innocence, ils appliquent le doigt sur la couture du pantalon des ordres venus d’ailleurs. Les dossiers sont vides, les prévenus, car c’est bien comme cela qu’il faut les appeler, pourraient venir avec les plus grands avocats du barreau rien n’y ferait. Des carrières détruites, des vies brisées qu’importe vous envoyez à l’abatage, à l’échafaud devrions nous dire, des cheminots qui n’ont rien à se reprocher. Vous faites fi que l’affaire soit classée sans suite par le procureur de la république, la SNCF à sa propre justice, son propre tribunal au dessus des lois républicaines. Cela n’a rien à voir avec les garanties disciplinaire. Nous ne sommes plus à des sanctions disproportionnées, NON, nous sommes dans un tout autre contexte, dans un autre monde à savoir dans le cadre d’erreurs judiciaires ! Ah elles sont belles, les larmes de crocodiles des cadres supérieurs qui osent condamner sans ciller. Sont ce les mêmes qui lors d’affaires telles que Outreau se disent scandalisés par un tel fiasco judiciaire? Sur, qu’ils sont pour la révision du procès Seznec et pour sa réhabilitation. Sur, qu’ils admirent Zola, qui lui a eut le courage d’écrire j’accuse pour défendre un innocent envoyé au bagne. Dormiront ils bien à l’avenir en pensant que des vies de salariés sont détruites et que pour certains ils n’arriveront jamais à se reconstruire ? Ou peut être qu’ils sont déjà passés à autre chose, à un autre dossier et que la révocation d’innocent fait partie du job comme un dossier quelconque. Et que dans le cadre des disfonctionnements de Mosaïque les révocations d’innocents font parties des dommages collatéraux Mais n’ayez pas d’inquiétude braves gens, pour se donner bonne conscience le soir, avant de coucher leurs enfants, ils leur liront certainement un passage d’un célèbre roman d’Alexandre Dumas. Sauf que là, nous ne sommes pas dans la fiction mais dans la réalité où règne arbitraire et obscurantisme. Quel est le poids à vos yeux de cette jeune femme qui fait une fausse couche, qui tombe dans une dépression, pourvu que la révocation soit prononcée et que l’on ait obéi aux ordres? Faut-il être aveugle et sourd, pour ne pas écouter et voir l’émotion qui se lit dans le récit de notre collègue injustement jeté en pâture, cloué au pilori. Faut- il être dépourvu de tout manque d’humanité pour ne pas arrêter un tel supplice ? Monsieur le Directeur, il est un droit démocratique, un droit républicain dans ce pays qui est : « que lorsque les faits ne sont pas établis et avérés on ne condamne pas ! » Il est un autre droit tout aussi important qui stipule que le doute doit TOUJOURS bénéficier au salarié. Or là il n’y a même pas doute, qu’importe les ordres, sont les ordres il vaut vaille que vaille : révoquer ! Il y a des jours comme cela où l’on a honte de ce qui se passe dans notre propre entreprise. Il paraîtrait que certains cadres supérieur aurait mal vécu les conseils de disciplines, auraient ils des remords ? Seraient-ils encore habités par un semblant d’humanité ? Bien entendu un de ces jours vous nous bassinerez avec les Instances Représentatives du Personnel qui ne fonctionnent pas sur notre région? J’avais, Monsieur le Directeur, bien évidement préparé cette déclaration avant de venir ce matin, et le petit accrochage de tout à l’heure lorsque vous avez exprimé votre incompréhension sur le fonctionnement de cette instance, le comité d’établissement, démontre bien que nous ne sommes pour rien concernant le non fonctionnement des instances représentatives du personnel. Alors Monsieur le Directeur, ne vous fatiguez pas, pour Force Ouvrière c’est vous et vos serviteurs zélés qui sont les seuls responsables, quelle confiance attribuée à vos services et vos collaborateurs, lorsque l’on ne peut pas se défendre dans un conseil de discipline ? Ah certes on laisse l’agent et son défenseur s’exprimer, mais le petit papier est d’ores et déjà bien rempli, la croix est déjà inscrite tout du moins dans leur esprit : LA RÉVOCATION ! Alors à quoi sert notre présence ici même puisque vous ne respecter RIEN ! Vous ne respectez aucune instance, commencez par respecter les conseils de disciplines, ne formatez pas les cadres supérieurs avant qu’ils n’entrent dans cette salle, laissez les libre de leur conscience en espérant qu’ils en ont une. Comment peut-on jouer impunément de la sorte sur l’avenir professionnel et personnel d’une personne ? Monsieur le Directeur, nous sommes écœurés, scandalisés par des méthodes d’un autre temps, les mots nous manquent pour exprimés notre colère, notre rage devant un tel désastre. Bien sûr, certains dorment tranquillement depuis le 10 octobre, date du conseil de discipline qui a jugé sans preuve, sans écouter une personne qui non seulement a perdu l’enfant qu’elle portait, mais qui se retrouve maintenant à la rue et sans travail, voilà ce qu’est votre justice partiale. Parce que nous sommes syndicalistes nos nuits sont hantés par ce gâchis, par cette injustice notoire. Qui osera dire qu’hier à entendre notre collègue exprimant son calvaire n’y a pas repensé ? Notre corporation est reconnue par tous, comme celle qui a dans les moments les plus sombres de notre histoire, a su se rebeller, su s’insurger contre l’intolérable. Les cheminots dans leur grande majorité ont su dire NON et ont fait acte de résistance. Le fait de dire NON est des fois plus courageux que d’appliquer les ordres. Serions nous non pas dans un pays de droits, mais dans une entreprise de non-droit ? Monsieur le Directeur, vous êtes la dernière chance pour cette cheminote, vous êtes la seule personne à pouvoir mettre fin à cette injustice et à ce calvaire ! Dites NON à sa révocation ! Démontrez que l’on peut être dirigeant d’une entreprise et être juste envers ses employés, vous en sortiriez grandi tout comme l’entreprise que vous représentez, à savoir la NOTRE ! |