Notations et pression sur les cheminots

Monsieur le Directeur,

Nous entrons en pleine période de notations, les courriers partent dans tous les établissements, et les cheminots constatent une fois de plus que leur déroulement de carrière ne fait toujours pas partie des préoccupations des dirigeants de l’entreprise. A un moment où de plus en plus de DPX ne se satisfont plus de ce constat et sont laissés pour seuls responsables devant les cheminots, il convient de rappeler votre responsabilité en la matière et le manque de moyens donnés, que ce soit en terme de qualification (avec notamment la déqualification des postes), en terme de niveau (des contingents de passage au niveau supérieur très insuffisants), et l’utilisation du mérite qui s’érige en dogme y compris dans les passages en position. Pour exemple, concernant les niveaux, depuis plusieurs années, les contingents de passage au 3ème niveau de la qualification TB permettent à l’ensemble des agents pouvant y prétendre d’y accéder, cette qualification étant la seule à imposer un délai minimum de séjour sur la qualification. Aujourd’hui, l’entreprise fait le choix de ne pas laisser passer tous les agents qui seront inscrits, pire, dans la répartition par établissement, vous instaurez des inégalités entre établissement. Y aurait-il de votre part une volonté de mettre le feu aux poudres comme l’an passé ? Monsieur le Directeur, les propositions dans les établissements traction n’ont pas encore été faites, il est encore tant de rectifier le tir et d’éviter ce qui nous conduirait inévitablement à la confrontation. Concernant les établissements dans lesquels les propositions ont été faites, on peut constater que vous persistez à proposer la notation d’agents au titre des contingents supplémentaires et des positions supplémentaires alors que le statut limite ces propositions au titre des contingents prioritaires et choix. Quels seront les moyens donnés aux délégués de commission pour résoudre les points d’ »achoppement de plus en plus nombreux, tant le mérite discriminatoire devient la règle dans les établissements.

Dans tous les établissements, vous espérez de l’intégration des notations, dans la ligne managériale, pour soumettre les cheminots à votre volonté. Mais rien n’y fait, les cheminots restent attachés au respect de l’ancienneté et demandent un réel déroulement de carrière.

Est-ce un hasard si vous multipliez vos moyens de pression, ou plutôt de répression ?

Depuis quelques années, Force Ouvrière constate une recrudescence des conseils de discipline avec à la clef une aggravation des sanctions prononcées. Nous avons dénoncé, à plusieurs reprises, votre volonté de mettre en place une politique managériale basée sur la répression, n’hésitant pas à condamner des cheminots de façon arbitraire.

Peu importe du bien fondé de ces procédures que vous avez parfois diligentées vous-même, l’essentiel était ailleurs. Il vous fallait engranger un certain nombre d’exemples afin de monter votre campagne d’affichage destinée à soumettre les cheminots à vos moindres volontés.

Tous ces cheminots, dont vous avez brisé la vie, pour satisfaire votre ego patronal, démesuré et malsain, dans le seul but d’asservir l’ensemble des cheminots.

Monsieur le Directeur, pour simple exemple de l’outrecuidance dont vous faites preuve, vous faites état des cheminots sanctionnés pour absence irrégulière, est-ce là une façon de dire aux cheminots que vous considérez en absence irrégulière lorsque qu’ils rejoignent un mouvement de grève au deuxième ou au troisième jour, qu’ils risquent de comparaître devant le conseil de discipline ?

A ce sujet, n’oubliez pas que de suivre ces directives expose l’entreprise à des sanctions, la cour de cassation vous a maintes fois condamné s’appuyant sur une jurisprudence constante. Nous vous rappelons également que persister dans cette voie, vous expose personnellement à des poursuites pour entrave.

Pour conclure chacune de vos affiches, vous en appelez au code de déontologie. Est-ce un hasard, si vous faites ces affiches alors que certaines organisations syndicales vous demandent d’appliquer ce si fameux code de déontologie. Est-il nécessaire de rappeler qu’au contraire Force Ouvrière a toujours dénoncé le code de déontologie étant un outil managérial de répression à l’encontre des cheminots. En effet, le code de déontologie contrevient aux libertés fondamentales, à l’image de l’accord sur l’amélioration du dialogue social qui remet en cause le droit de grève.

Vous en déplaise, les cheminots ont des droits, et quelques soient vos tentatives de les remettre en cause avec le soutien de vos partenaires, Force Ouvrière sera là pour défendre les cheminots et veiller au respect de leurs droits.

Et ce ne sont pas ceux qui tentent de s’octroyer les bénéfices du travail des militants Force Ouvrière qui nous découragerons.