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Déclaration liminaire |
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Monsieur le Directeur, Les annonces s’enchaînent et constituent toutes une remise en cause de nos droits.
Commençons par un droit majeur, un droit fondateur de tous les autres, le droit de grève. Que ce soit service minimum, alarme sociale ou amélioration du dialogue social, tout cela ne vise qu’une chose, réduire la capacité des cheminots de faire valoir leurs revendications par eux même tel que le prévoit la constitution. Le gouvernement vient de faire connaître le projet de loi sur le service minimum, celui-ci s’articule sur cinq axes :
I) Les jours de grève ne seront pas payés… La belle affaire, comme si d’habitude, on nous payait les jours de grève. Cette désinformation n’a pour seul but que de diviser les cheminots des autres salariés. Par contre cela est peut être une indication sur l’impossibilité d’accord de sorti de conflit, retenu des repos, étalement des jours de grève…
II) Les non grévistes pourraient être appelés à remplacer les grévistes. Le président de la république ne sait-il pas que c’est déjà ce qu’applique en partie la SNCF. Pour preuve, deux exemples récents sur notre région : · Lors de la grève massive de l’ECT de Paris Nord, la direction a fait appel à des agents de l’encadrement de l’ensemble des ECT parisiens ainsi que de l’ECT d’Amiens pour briser la grève ! · Encore plus récemment, lors de la grève quasi-totale de la SUGE, le jour de la fête de la musique, la direction a confectionné des équipes avec des agents d’encadrement dont certains n’étaient pas aptes (manque d’heure de formation), et avec des agents encore en formation qui n’étaient pas encore habilités. Ceci aurait pu avoir des répercussions graves si une situation de sécurité délicate comme les derniers évènements de la gare du nord s’était présentée.
III) La prévision du trafic. Force Ouvrière n’est pas signataire de l’accord sur le dialogue social où ce principe est prévu. Ce qui prouve que nous avions raison de dire que cet accord était une attaque sur le droit de grève ! Au-delà de la prévision du trafic elle-même, qui est de la seule responsabilité de l’entreprise, on peut constater la volonté de faire définir des trafics essentiels par les autorités organisatrices. Est-ce à dire qu’il y a des lignes moins essentielles que d’autres ? Il s’agit donc bien de définir un service minimum.
IV) Le salarié devra se déclarer gréviste 48 heures à l’avance. Ce n’est ni plus ni moins que la remise en cause du droit de grève ! En effet le droit de grève est un droit individuel, c’est un droit qui appartient au salarié. Là, ce qu’ils veulent imposer, c’est la porte ouverte à toutes les pressions afin d’interdire l’exercice normal du droit de grève.
V) Une consultation à bulletin secret sera organisée pour la poursuite ou non de la grève. C’est la négation même de la grève comme arme collective au service des salariés contre le patronat et le gouvernement.
Pour éviter la grève nous ne connaissons qu’une méthode : La satisfaction des revendications !
Revendiquer, Négocier et éventuellement Contracter telle est la philosophie de notre organisation syndicale. Quand nous nous trouvons face à une direction autiste, la grève est la seule solution pour se faire entendre et se faire respecter !
FORCE OUVRIÈRE n’acceptera aucune remise en c&use du droit de grève.
La remise en cause du droit de grève est bien évidemment un préalable à tout le reste. A commencer par le droit à la retraite. D’ailleurs, faudra-t-il comme en 1953, réquisitionner les cheminots alors qu’ils font grève pour améliorer leur droit à pension acquis depuis 1909. En effet, comment pourront-ils assurer l’ensemble du trafic en heure de pointe autrement qu’en procédant à des réquisitions ? Rappelons au passage que les réquisitions ne sont normalement possibles qu’en temps de guerre. Mais n’oublions pas que certains n’ont peur de rien.
Ainsi, notre régime particulier de retraite doit passer à la moulinette, il serait, selon Monsieur Fillon, une grande injustice. Il considère injuste que le calcul de la pension se fasse sur la base de 37,5 annuités pour une pension pleine et entière, et il s’y connaît ce premier ministre, puisque dès 2003, il s’était engagé, par la loi, à réparer cette injustice avant 2008. Mais en quoi cela est une injustice alors que depuis 1909, la durée de cotisation pour une retraite pleine et entière n’a cessé de baisser, ainsi des baisses ont été obtenues entre les deux guerres après la crise de 1929, à la sortie de la seconde guerre mondiale, la dernière baisse nous amenant aux fameux 37,5 étant obtenue après la crise pétrolière qui a clos le baby boum. A ce moment là, tous les salariés se retrouvent sur le principe des 37,5 annuités. C’est pourquoi FORCE OUVRIÈRE reste indéfectiblement attaché au calcul de la retraite sur la base de 37,5 années de cotisation pour pension pleine et entière. Il ne nous appartient pas de payer une injustice qu’ils ont eux même créée, en 93 sur le régime général, et en 2003 sur le régime des fonctionnaires en allongeant la durée de cotisation.
En s’arrêtant là, les cheminots sont déjà hirsutes, mais cela ne suffit pas au féroce appétit du capital, il faut transformer ces fainéants de cheminots en travailleur, volontaires de préférence. Tout d’abord, sur les conditions de travail, nous apprenons que le personnel relevant du PS25 est intégré au champ d’application de la convention collective des entreprises ferroviaires. Et dire que certains s’étaient montrés rassurants en prétendant que le personnel de la SNCF ne serait pas concerné. Pour ces agents, cela est une catastrophe puisqu’ils seront soumis à la réglementation du travail de cette convention et non plus au RH 0077. La revendication de FORCE OUVRIÈRE d’intégrer à cette convention collective l’intégralité des dispositions du statut et des règlements qui en découlent est d’autant plus importante que c’est au sein même de notre entreprise que va s’exercer le dumping social si ce n’est pas le cas. A moins que la volonté de négocier nos conditions de travail dans le cadre du plan FRET, ne soit destinée qu’à calquer le RH 0077 sur les conditions d’utilisation définies dans cette convention collective. Un troisième levier pour casser nos conditions de travail a été saisi par les patrons européens qui voudraient dans le cadre d’un accord avec l’ETF autoriser 3 RHR consécutifs. Depuis des années, la Direction nous a fait subir de la productivité à outrance, a supprimé des milliers d’emplois, des lignes, des wagons, des locomotives, des formations et malgré tout cela, le déclin de Fret continue. La libéralisation des prix de l’énergie et la séparation d’avec RFF ont gonflé significativement les charges d’exploitation, l’abandon de milliers de clients a fait chuter les recettes et le nombre de TK. Et maintenant, la nouvelle direction du Fret nous annonce encore plus de suppressions d’emplois et de productivité pour sauver le Fret. On ne s’étendra pas plus sur le plan Marembaut qui s’annonce déjà comme étant dans la continuité du plan VERON dont tout le monde s’accorde aujourd’hui à dire qu’il a largement contribué au naufrage du FRET SNCF. Un mot tout même sur NAVILAND CARGO filiale de la SNCF. L’entreprise nous annonce que des propositions de détachement dans cette filiale seront faites à certains agents. On voit immédiatement l’avantage que cela représente pour l’entreprise : réduction des structures, pas besoin de licence pour la filiale et des cheminots que l’on utilise selon les règles définies au code du travail. Et hop, le tour est joué, le FRET est filialisé. Mieux, la SNCF devient société de travail temporaire pour ces filiales. Si on se souvient des conséquences du plan VERON sur la rémunération des agents qui voyaient disparaître leur charge, nul doute que les cheminots seront contraints d’accepter les détachements dans les filiales ne serait-ce que pour maintenir leur pouvoir d’achat. Mais là encore, pas de vague, les cheminots n’auront qu’à bien se tenir, la filiales choisira ses agents… Dans la même logique de réduction des structures, d’abandon des usages, de perte de compétences, de désorganisation complète du travail. On retrouve, en bonne place, votre projet d’ETR. Décidemment, la logique est la même partout, détruire l’organisation du travail pour tenter de démontrer que les cheminots ne seraient pas capable d’assurer leur mission.
Nous ne voulons pas de votre projet d’ETR, pour de nombreuses raisons que nous avons déjà exprimés et sûrement d’autres qui vont s’affiner avec le résultat d’expertise, mais avant tout, nous exigeons le maintien des agents dans leur résidence et des engagements quant à leur déroulement de carrière que ce soit pour l’avancement en position, niveau et qualification.
En ce qui concerne votre projet de mutualisation des BA, FORCE OUVRIÈRE pose les mêmes revendications.
Alors que les cheminots sont prêts à combattre chacun de ces projets indépendamment des autres, ceux qui se croient en état de grâce n’hésitent pas à nous promettre la mise en place de tout cela pour l’automne. Les cheminots refusent de voir s’organiser le démantèlement de la société nationale de chemin fer, tout comme ils refusent de renoncer à leurs droits. Autant dire que cet été ressemblera à une veillée d’arme. |