Monsieur le Directeur,

Il est de tradition de souhaiter les vœux en ce début d’année. Mais nous doutons fort que ceux-ci soient identiques en fonction de notre place dans cette auguste assemblée.

En effet, à Force Ouvrière, nous sommes comme l’immense majorité des cheminots qui n’ont pas été défaits, nous n’avons pas le sentiment d’avoir été battus, mais nous sommes amers.

Amers, car comment peut on expliquer qu’avec une telle mobilisation sur les retraites les décrets aient été promulgués ?

Pourquoi ne pas avoir profité de la mobilisation sans précédent d’octobre novembre pour ne rien lâcher, comme nous l’avions fait en 95 ?

Nous pensons que c’est un véritable gâchis, pour autant, rien n’est joué, et y compris dans les plus hautes sphères de l’état, la musique n’a pas l’air de prendre si bien.

L’omniprésence du président commence à déranger, ses engagements non tenus sur les décotes faits sur le site du Landy exaspèrent nombre de cheminots.

La loi sur le service minimum, est une telle usine à gaz, nous n’étions pas signataire de l’accord sur le dialogue social et encore moins de son avenant, est donc une telle usine à gaz qu’il va y avoir du sport.

Les DCI avec l’obligation de recevoir la délégation dans les 72H00, les déclarations d’intention préalable. L’allongement de fait du préavis à quasiment 17 jours va voir se confondre et se télescoper des préavis divers et variés.

Nous savons que le gouvernement aidé de ses serviteurs zélés veut aller encore plus loin dans la destruction des acquis sociaux obtenus de hautes luttes par nos anciens.

Jusqu’où ira le cynisme de nos dirigeants ?

La fameuse crise financière à laquellle nous assistons n’a pas fini de dévaster les places boursières, ne comptez pas sur nous pour pleurer là-dessus, par contre les sommes astronomiques englouties, partie en fumée, à combien de pension de retraite l’évaluez vous ?

A combien d’emplois publics ou privés cela correspond il ?

Osera t’on encore nous dire qu’il n’y a pas d’argent, que les caisses sont vides ?

Osera t’on encore nous dire que l’avenir c’est la casse de nos retraites ?

La liquidation du Fret, 14400 emplois dont 740 sur la région de Paris Nord qui seront externalisés de leur région d’origine, préfigure d’un plan de filialisation/privatisation type SERNAM !

Et cela dans un cadre où la direction va tenter par tous les moyens de remettre en cause en cette année d’élections prud’homales la représentativité syndicale.

Quoique certains semblent avoir trouvé la parade en proposant des packs syndicat/portable !

On savait cette OS plus apte à tenter de concurrencer le CE dans le cadre des activités sociales (offre parc Astérix/Disney, développement photo…). Il est vrai que comme à leur habitude ils ont brillé par leur absence lors des départs colos et des arbres de Noël du CE. Certainement doivent ils être présent comme aujourd’hui par l’esprit (saint ?) et non physiquement!

Nous disons à cette organisation « syndicale » qui n’a de syndical que le nom, que nous ne sommes pas dans les pays anglo-saxons ou nordiques dans lesquels la carte syndicale est obligatoire afin d’obtenir la protection sociale par exemple.

Avec ce syndicalisme, la défense des intérêts matériels et moraux des salariés deviendrait un produit de consommation courante, tel un baril de lessive ou une marque de café.

Il y a ceux qui se battent sur les revendications, qui jour après jour informent les cheminots les aident dans leur combat face à une hiérarchie de plus en plus dure et prête à frapper sur le cheminot.

Et il y a ceux qui, pour gommer leur inefficacité revendicative, se posent en annexe d’opérateur téléphonique, sans se soucier de la légalité de leurs actes.

Ils ont dû confondre négociation et négoce !

Ils ont dû confondre revendication et promotion !

Rappelons l’article L 412-7 du code du travail qui stipule : « la collecte des cotisations syndicales peut être effectuée à l’intérieur de l’entreprise » sous entendu que le reste n’est pas permis !

Force Ouvrière n’étant pas lié de loin ou de près au Vatican, ne tendra pas l’autre joue. Et si certains veulent jouer à ce jeu là, la partie est loin d’être terminée.

Si d’aventure les choses devaient en rester en l’état, nous ne nous interdirons pas d’en faire de même, et là nous vous laissons imaginer la suite.

Tous les syndicats s’y mettent et c’est quasiment 100% de syndiqués sur la région, avec des implantations aux quatre coins de la région !

Nous proposerons y compris à ceux qui ont cette offre par le biais de leur service de rendre celui-ci et de prendre leur portable auprès d’une OS, avec les risques que cela engendrera pour la SNCF.

Faudra t’il en arriver à des extrémités du style constat d’huissier pour établir le côté mercantile de ces opération pour que le 185 rue du faubourg St Denis reste un bâtiment réservé aux organisations syndicales qui ont pour vocation la défense exclusive des revendications des cheminots et au CER qui est lui seul habilité à œuvrer socialement dans le cadre du salaire différé pour les cheminots.

Monsieur le Directeur vous avez le moyen aujourd’hui de ne pas vous rendre complice de cette dérive, pour cela il vous suffit de répondre à notre revendication à savoir :

L’obtention pour tous les cheminots de l’offre SNCF/SFR sans passer par une quelconque organisation syndicale !

A Force Ouvrière nous restons fidèle à notre histoire, à l’histoire du mouvement ouvrier !

L’adhésion à un syndicat est un acte volontaire où les salariés conscients de leur exploitation se regroupent non pas pour faire du bisness mais pour défendre leurs intérêts matériels et moraux !

Enfin, revenons au VRAI syndicalisme, hier jeudi 24 novembre la forte mobilisation dans les rue de Paris et d’ailleurs des salariés du public comme du privé a démontré que rien n’est perdu, bien au contraire !

Le mot d’ordre des 37,5 ans pour tous public/privé reste LA revendication que porte et portera Force Ouvrière, tant au niveau Local, Régional, Fédéral que Confédéral.

haut de page