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Recomposition syndicale...
..., pas si sur !
La crise que traverse
aujourd’hui la CFDT notamment leur Fédération Générale des Transport et de
l’Équipement, particulièrement la branche cheminote doit trouver sa
conclusion (provisoire ?) dans les jours qui viennent.
Suite à la prise de
position de François Chérèque sur la contre réforme Fillon des retraites,
« les opposants » à la ligne confédérale doivent partir sous d’autres
cieux. Les tractations vont bon train. Certains partiraient à SUD d’autres
à l’UNSA ou encore à la CGT. Alors que dans un premier temps on nous
parlait même de la création d’un nouveau syndicat autonome type FSU, cette
dernière possibilité semble maintenant écartée.
Mais la question
essentielle n’est elle pas une recomposition syndicale, pour quoi faire ?
L’Europe au travers de la Confédération Européenne des Syndicats n’y est
elle pas pour beaucoup ? La CES étant elle-même co-rédacteur de directives
européennes. Il est bon de rappeler ici que la CFDT ne fonctionne pas en
fédération de cheminots, mais au travers d’une branche rattachée à une
fédération des transports, l’UNSA aussi. Nous ferons remarquer que cette
organisation en une seule fédération des transports est calquée sur le
« modèle » européen… Il est étrange que des syndicalistes qui se
réclamaient d’une organisation confédérale soient tentés, voire prêts à
rejoindre une organisation syndicale autonome (le A d’UNSA étant toujours
la référence à l’autonomie). D’autres seraient proches de tenter
l’expérience SUD, qui elle aussi est une organisation autonome et n’a rien
à voir avec une confédération, les cheminots en ont vu les limites au
travers de dossiers tel que celui des retraites en mai juin dernier. SUD
et c’est son droit, se préoccupant plus de mouvement associatifs, alter
mondialisations et autres plutôt que de la défense des intérêts
particuliers des salariés, qui est le but d’une véritable organisation
syndicale. La seule logique serait donc l’intégration (des militants de la
CFDT) dans la CGT, oui mais pour y faire quoi ? On le sait depuis l’entrée
de la CGT dans la CES on ne connaît pas plus européen que cette
confédération. Oublié la dénonciation de Maastricht, on peut même lire sur
des tracts confédéraux de cette centrale, le bien fait des services
baptisés « d’intérêt général » qui sont en contradiction, en opposition
des services publics !
L’arrivée « massive » à la
CGT, d’ex dirigeants de la CFDT cheminots aura à n’en pas douter des
répercussions dans la CGT et risque d’accentuer la mutation de celle-ci
vers un syndicalisme d’accompagnement en opposition au syndicalisme de
revendication.
La Confédération Syndicale
Européenne, la mal nommée, qui n’a rien à voir avec un syndicat défendant
les intérêts particuliers des salariés n’est elle pas à l’origine de cette
recomposition ? Et le but n’est il pas que demain les fédérations de
cheminots disparaissent, pour qu’elles se fondent toutes dans des
fédérations de transports ? Si tel devait en être le cas il en serait fini
de la défense des intérêts des cheminots et de leur statut, voilà tout
simplement ce qui est en jeu aujourd’hui. De telles fédérations ne
défendraient plus le statut du cheminot français, mais un prétendu droit
européen, statut ou convention collective des travailleurs du rail ou des
transports, tout cela n’étant que diarrhées verbales pour aller vers la
privatisation du rail. Alors au travers de soi disantes recompositions
syndicales ce n’est pas à une redistribution de cartes à quelques mois des
élections professionnelles à la SNCF que nous assistons, mais à
l’existence de confédérations ouvrières et de fédérations syndicales à la
SNCF capables de défendre leurs syndiqués et les cheminots en général.
A Force Ouvrière nous nous
prononçons sans aucune restriction pour la sauvegarde des acquis, et cela
ne peut passer que par une véritable fédération de cheminots. Fédération
qui combatte tous les plans qu’ils viennent de France ou d’Europe avec le
soutien ou pas de la CES.
Tous les cheminots
conscients de ces enjeux, qu’ils viennent de telle ou telle organisation
syndicale ou non-syndiqués on toute leur place dans la fédération FO des
cheminots !
C’est dans ce cadre que la
discussion devrait être menée avec les cheminots en rupture de bans de la
CFDT !
François Grasa
secrétaire régional FO Paris Nord |
A travers la presse:
PARIS (AP) -- Quelque
200 délégués régionaux de la CFDT Cheminots sont réunis ce jeudi depuis
10h30 en assemblée générale à Paris, une réunion à l'issue de laquelle la
majorité d'entre eux devrait voter leur départ de la CFDT en raison du
désaccord persistant sur le dossier des retraites.
Dès le début de la réunion, tous les membres du bureau national de l'Union
fédérale des cheminots CDFT ont confirmé leur démission. Cette réunion
intervient après la démission collective, mardi, de la majorité es
dirigeants de la Fédération générale des transports et de l'équipement-CFDT
(FGTE-CFDT), également en raison du soutien du secrétariat général de la
confédération à la réforme des retraites. AP
L'Humanité: Lors d'une assemblée
générale extraordinaire, la moitié des cheminots a décidé de quitter la
centrale syndicale hier.
L'Union fédérale des cheminots CFDT, qui
compte 11 000 adhérents, s'est scindée en deux hier, à l'issue d'un vote
en assemblée générale extraordinaire où une courte majorité (50,16 %) des
200 délégués a opté pour le départ de la confédération. Le syndicat perd
ainsi son sigle pour devenir une " fédération des cheminots et activités
complémentaires ", structure provisoire en attendant l'entrée des
militants en partance dans d'autres syndicats. La CGT s'apprête notamment
à accueillir la plupart des membres du bureau national, dont Denis
Andlaueur, jusqu'alors secrétaire général, qui a annoncé hier la démission
en bloc des 12 membres de sa direction
Vers quels syndicats se dirigent les
partants ?
Contrairement à la précédente crise
interne de la CFDT qui après le mouvement de 1995 avait donné naissance à
la création des syndicats SUD, ceux qui aujourd'hui quittent le syndicat
le font avec la volonté de ne pas augmenter la dispersion des forces
militantes actives et rejoignent d'autres syndicats. S'il apparaît que
c'est vers la CGT que la plupart d'entre eux se dirigent, la FSU et l'UNSA
sont eux aussi bénéficiaires de cet afflux.
Notre conclusion
" Au total, la CFDT reste la CFDT, et le
débat interne, comme d'habitude, nous renforcera ", assurait François
Chérèque dans l'interview précédemment cité. Il n'empêche, la CFDT est
bien aujourd'hui confrontée à la plus grave crise de son histoire. Aux
défections de syndicats s'ajoutent celles de militants isolés. Et d'autres
signes sont significatifs, comme le tassement en décembre dernier de ses
résultats lors des élections prud'homales ou tout dernièrement la chute de
6 % aux élections professionnelles dans les hôpitaux. Les grands
mouvements sociaux de cette année ont amené les différents syndicats à
préciser leurs positionnements, ils ont fait mûrir les propositions des
uns et des autres. Dans ce contexte " le syndicalisme rassemblé " prôné
par la CGT semble faire la preuve de son dynamisme et de sa capacité
d'attraction. Les mois qui viennent pourraient bien voir se modifier
sensiblement le paysage syndical.
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