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Texte adopté lors du IXème
congrès de la Confédération Générale du Travail
du 8 au 14 octobre
1906
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Le congrès confédéral d'Amiens
confirme l'article 2, constitutif de la CGT: «La CGT groupe, en dehors de toute
école politique, tous les travailleurs conscients de la lutte à mener pour la
disparition du salariat et du patronat...» Le Congrès considère que cette
déclaration est une reconnaissance de la lutte de classes qui oppose, sur le
terrain économique, les travailleurs en révolte contre toutes les formes
d'exploitation et d'oppression, tant matérielle que morale, mises en œuvre par
la classe capitaliste contre la classe ouvrière.
Le Congrès précise, sur les
points suivants, cette affirmation théorique: Dans l'œuvre revendicatrice
quotidienne, le syndicalisme poursuit la coordination des efforts ouvriers,
l'accroissement du mieux-être des travailleurs par la réalisation
d'améliorations immédiates, telles que la diminution des heures de travail,
l'augmentation des salaires, etc. Mais cette besogne n'est qu'un côté de
l'œuvre du syndicalisme; il prépare l'émancipation intégrale, qui ne peut se
réaliser que par l'expropriation capitaliste; il préconise comme moyen d'action
la grève générale et il considère que le syndicat, aujourd'hui groupement de
résistance, sera, dans l'avenir, le groupement de production et de répartition,
base de réorganisation sociale.
Le Congrès déclare que cette
double besogne, quotidienne et d'avenir, découle de la situation des salariés
qui pèse sur la classe ouvrière et qui fait à tous les travailleurs, quelles que
soient leurs tendances politiques ou philosophiques, un devoir d'appartenir au
groupement essentiel qu'est le syndicat. Comme conséquence, en ce qui concerne
les individus, le Congrès affirme l'entière liberté pour le syndiqué, de
participer, en dehors du groupement corporatif, à telles formes de lutte
correspondant à sa conception philosophique ou politique, se bornant à lui
demander, en réciprocité, de ne pas introduire dans le syndicat les opinions
qu'il professe au dehors. En ce qui concerne les organisations, le Congrès
décide qu'afin que le syndicalisme atteigne son maximum d'effet, l'action
économique doit s'exercer directement contre le patronat, les organisations
confédérées n'ayant pas, en tant que groupements syndicaux, à se préoccuper des
partis et des sectes qui, en dehors et à côté, peuvent poursuivre, en toute
liberté, la transformation sociale. "
(Texte adopté par 830 voix pour,
8 contre et 1 blanc) |